Le Député-Maire Ph. KEMEL ne veut pas de débat démocratique sur le traité budgétaire européen.
Depuis son accession à la Mairie de Carvin, M. Kemel et son équipe font l'apologie de la "démocratie participative" qu'ils voudraient incarner. Nous en avions toujours sérieusement douté, les consultations se résumant le plus souvent à des réunions de présentation de projets déjà ficelés. Au sein même des instances municipales, nous n'avons eu de cesse de réclamer plus de transparence et de démocratie en associant davantage les groupes d'élus autres que celui de la majorité. En vain. Service minimum pour les commissions municipales qui ne jouent finalement pas leur rôle. Tout juste on leur laisse quelques miettes pour amuser la galerie. Nos questions en conseil municipal sont souvent renvoyées à ces commissions ou d'autres groupes de travail, des consultations d'experts qui ne voient jamais le jour... Tout ceci tombe aussitôt dans le sac d'oubli.
Il en est aussi de même avec les Carvinois qui ne sont jamais vraiment consultés quand il s'agit de projets d'urbanisme, d'aménagement en tous genres... En général on organise une réunion de quartier où l'on présente le projet déjà ficelé avec très peu de marges de manœuvre. On fait mine de prendre en considération les remarques des riverains et c'est tout...
Prenons un exemple : la future médiathèque doit voir le jour dans le secteur de la gare après avoir été pressentie à d'autres endroits. Cet équipement culturel n'aurait-il pas mérité davantage de concertation avec la population sur les besoins dans ce domaine ? Encore mieux, n'était-ce pas l'occasion de recenser les différentes activités et ateliers d'associations à caractère culturel pour faire de cet endroit un lieu de vie pour les individus et les associations qui font vivre notre ville ? N'était-ce pas aussi le moment pour associer des jeunes artistes à la réflexion sur les aménagements pour répondre à leurs besoins spécifiques ? A titre de comparaison, la toute nouvelle médiathèque de Méricourt, dirigée par le maire communiste Bernard Baude est un exemple de concertation avec les futurs utilisateurs de ce nouveau service. Le projet est un véritable succès ouvert à la société civile, aux citoyens et aux associations de culture et d'Éducation Populaire.
Nous ne cessons de le répéter : il semble que les décisions à Carvin soient du ressort d'une poignée de personnes, d'élus et de collaborateurs, les autres n'ayant qu'à acquiescer.
Lors du dernier conseil municipal (17 septembre 2012), notre groupe a proposé une motion soumise à délibération comme ça nous est autorisé. Cette fois ci, nous en avons proposé deux. L’une réclamant un référendum sur le traité budgétaire européen et l'autre contre le démantèlement de camps de Roms sans trouver de solution de relogement.
Concernant la première motion, celle sur le référendum, le soi-disant autoproclamé champion de la démocratie locale semble moins alerte avec la démocratie au niveau national et européen puisque, selon lui, le référendum n'est pas souhaitable car cela prendrait trop de temps à organiser et que l'urgence de la situation voudrait que le texte soit adopté et mis en œuvre au plus vite. À demi-mot, M. Kemel nous révèle qu'en tant que député, il votera pour le texte faisant fi de l'avis de l'écrasante majorité des électeurs de la circonscription qui avaient très nettement rejeté un autre traité européen ultralibéral : le traité constitutionnel que les Français ont rejeté à 55% en 2005 par référendum et que Sarkozy a imposé de force par la voie parlementaire. Le groupe majoritaire a donc rejeté d'un seul bloc l'idée même de consultation du peuple souverain. Cette fois, le texte n'aura même pas droit à la case "Référendum" ! Sauf si nous nous faisons entendre.
Alors que ce traité provoque de vives inquiétudes, qu'il aura des conséquences directes sur nos vies en imposant des contraintes budgétaires épouvantables, écrasant les peuples sous le poids de l'austérité, on refuse d'en faire un débat national et même européen en demandant son avis au peuple souverain... C'est une rupture démocratique forte dont le Président Hollande et ses soutiens sont responsables et subiront les conséquences.
Revenons à notre député-maire. Lors de la dernière assemblée de la CAHC, le groupe communiste a voulu présenter une motion réclamant un référendum sur cette question et là, le PS a encore été plus fort dans le déni de démocratie par la voix de M. Kemel lui-même. Il est intervenu devant l'assemblée pour dire qu'il considérait cette motion comme hors-sujet, que ce débat n'a pas lieu d'être dans les instances locales, quelles soient municipales ou communautaires, qu'il ne s'agit pas d'un lieu où se pratique la politique politicienne. En gros, laissons faire les experts ! Le peuple suivra ! De ce fait, les élus socialistes ont proposé de décider par vote si l'assemblée autorisait le groupe communiste à présenter son texte. Le résultat a été sans appel : non, ils ont dû remballer leur soif de comprendre, d'expliquer, de débattre d'un dispositif qui asphyxiera notre économie et donc forcément celle de notre agglomération. Les élus socialistes auraient-ils honte de soutenir ce texte ? Nous sommes en droit de nous poser la question tant l'esquive est devenue coutumière chez eux dès qu'on aborde le sujet.
L'autre sujet qui fâche, c'est celui des Roms. Nous avons présenté une motion dénonçant le démantèlement des camps de Roms sans solution de relogement. Nous ne pouvons pas tolérer que dans un pays de droits on jette impunément femmes et enfants à la rue pour distraire les médias. C'est un copié-collé de la politique sécuritaire de Sarkozy avec les effets qu'on connait : on ne résout pas le problème, on le déplace, on stigmatise une communauté et finalement on fait le jeu de l'extrême-droite.
Sur cette question, Ph. Kemel, épaulé par son fidèle 1er adjoint A. Masson, a ironisé sur notre angélisme, arguant que la situation n'est pas toute rose. Une fois de plus on nous qualifie d'idéalistes, de gauche non responsable et on nous accuse même de remettre sur le tapis une question qui divise les Français et qui ferait le jeu du Front National ! Un comble ! Finalement, le maire a proposé dans sa grande bonté d'organiser une rencontre du conseil municipal avec un expert (encore un...) de l'Assemblée Nationale pour expliquer la politique du gouvernement en la matière et de repousser le vote de la délibération après cette date. Nous avons proposé de faire la même démarche de compréhension de la situation en invitant des représentants des collectifs de défense des Roms, venir nous exposer aussi leur point de vue... La manœuvre consistait en réalité à masquer les divisions au sein même des rangs socialistes sur cette question. Pour l'anecdote, nous avions proposé en 2011 une motion équivalente en réaction aux démantèlements des camps de Roms par l'équipe de N. Sarkozy alors Président de la République. À l'époque notre texte avait été approuvé par l'ensemble des élus du groupe majoritaire. Pourquoi un tel revirement ? Ah oui, le poids des nouvelles responsabilités qui force à mettre de côté les vraies valeurs humanistes sans doute !
On le voit, le débat et la critique ne plaisent pas à notre député-maire. Pourtant, une question aussi cruciale que
la perte de souveraineté nationale induite par le nouveau traité européen ne mériterait-elle pas que le peuple soit consulté ? Les avis divergents des élus à l'intérieur même d'un groupe ne sont-ils pas les meilleurs garants du principe démocratique de notre République ? Notre député-maire n'est-il en train de cautionner un fonctionnement technocratique de nos institutions ?
Il est grand temps que nous prenions nos responsabilités en nous emparant de notre destin et ne pas le laisser entre les mains de soi-disant experts qui sont surtout spécialisés dans les dorures de cabinets et les accointances avec le monde de la finance qui, finalement, n'est jamais vraiment bien loin.
Non à l'austérité ! Oui à la vraie démocratie ! Vite, un front du peuple ! Vite, la révolution citoyenne !