Notre reponse à une ville sans migrants
Voici l'intervention faites par notre groupe A Carvin L'Humain D'Abord présenté par Régis hier soir en conseil municipal en réponse au groupe Carvin bleu marine pour leur texte ma ville sans migrants
Le texte sur « Villes sans migrants » présenté par les élus FN du Conseil municipal est une ignominie. En effet :
Quelques chiffres
Dans le bidonville de Calais, il y a 10 000 personnes. Cela représente l’équivalent d’une tribune de Bollaert à répartir sur toute la France. Cela représente 0,015 % de la population française, c'est-à-dire 0,15 pour mille, ou 1,5 pour 10 000. Ramené au stade Bollaert, cela fait donc entre 1 et 2 réfugiés par tribune remplie de Français. Difficile à repérer !! Et ce serait un problème pour notre pays ?
Rappelons qu’un million de réfugiés arrivés en Europe cela représente seulement 0,2 % de la population européenne. On est loin de l’invasion.
Par comparaison, on peut citer le Liban, petit pays de 4,5 millions d’habitants, voisin de la Syrie, et qui a 1,5 millions de réfugiés sur son sol !! En proportion, notre pays (65 millions de Français) accueillerait 21 millions de réfugiés !!
Le précédent de 2009
En septembre 2009, le préfet a demandé à la ville d’héberger pendant quelques semaines 48 jeunes afghans venus du bidonville de Calais, qu’on détruit régulièrement, avant leur répartition dans des centres d’accueil. Ils ont été logés au Hameau d’Épinoy, près de la Résidence Curie. En décembre 2009, après leur départ, notre groupe avait diffusé un journal dans la ville. Je ne résiste pas à l’envie de vous lire un petit article que nous y avions écrit après être allé sur place et interroger les gens :
« Les Carvinois solidaires des jeunes Afghans
Le départ des jeunes Afghans a laissé un grand vide dans le quartier. Leur arrivée avait occasionné quelques inquiétudes, mais celles‐ci ont vite été dissipées, tant la cohabitation a été appréciée et humainement enrichissante.
Certains ne sont restés que quelques heures, préférant rejoindre la région de Calais et tenter à nouveau leur chance d’atteindre « l’eldorado britannique », d’autres sont restés un peu plus longtemps. Suffisamment, en tous cas, pour nouer des liens d’amitié avec les riverains du hameau d’Épinoy et ceux de la résidence Curie. Pour s’en convaincre, il suffit de discuter avec les jeunes du quartier pour voir à quel point les jeunes Afghans leur manquent.
Cette histoire prouve à quel point l’ouverture au monde est source de respect et d’actes de solidarité. Une jeune du quartier nous confiait ses impressions. « Je ne m’intéressais pas trop à la situation dans leur pays. On est loin de ça. Mais aujourd’hui, quand j’entends parler de l’Afghanistan à la télé, je regarde. Les Afghans nous ont parlé de leur pays, de la guerre, c’est pour ça qu’ils sont partis. On aurait aimé qu’ils puissent rester à Carvin. » Les jeunes du quartier ont même créé un blog (http://jepence‐a‐vous‐62.skyrock.com/) pour défendre leur cause. Ils sont encore en contact avec les jeunes Afghans grâce au téléphone portable. Les inquiétudes sont grandes sur le sort de leurs amis en exil.
Voilà qui résume bien les racines du problème. Alors que certains s’empressent de stigmatiser ces étrangers, les rendant responsables de tous les problèmes de la société, d’autres découvrent que c’est la misère qui est en cause. La guerre, la faim, l’oppression mènent au désespoir et à l’exil.
Personne ne quitte son pays, ses amis ou sa famille par plaisir. Les riverains de la résidence Curie ont passé du temps avec des jeunes gens qui ont tout sacrifié pour pouvoir vivre normalement et ils ont compris à quel point le monde est injuste. Il n’existe rien de pire que l’indifférence mais elle peut facilement voler en éclat quand on s’ouvre, ne serait‐ce qu’un peu, à ceux qui souffrent. »
On le voit, l’arrivée de quelques réfugiés n’est pas l’apocalypse.
Nous-mêmes, si notre pays était confronté à une guerre civile ou conventionnelle meurtrière, nous serions bien contents de trouver refuge auprès de gens bienveillants. D’ailleurs, il y a 75 ans, entre 8 et 10 millions de personnes dont beaucoup d’habitants du Nord–Pas-de-Calais ont fui sur les routes pour se sauver de la barbarie nazie.
Notre pays rayonne aux yeux du monde pour les valeurs défendues par nos prédécesseurs de la Révolution de 1789 qui ont promulgué le 26 août 1789 la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen dont l’article premier est : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. »
Cette déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen dont notre pays peut être particulièrement fier a inspiré la Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1948.
Cette déclaration stipule :
Article premier : Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Article 14 : 1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays.
Et accessoirement, je rappelle l’article 15 :
Article 15
1. Tout individu a droit à une nationalité.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.
Ainsi, la proposition faite de refuser l’aide aux réfugiés est indigne de notre pays. Elle lui fait honte. Ceux qui la font se déshonorent.
Cette proposition bafoue notre République dont je rappelle la devise « Liberté, égalité, fra-ter-ni-té ».