Culture, lecture : un livre à lire pour la rentrée
« La face cachée des banques »
(« Scandales et révélations sur les milieux financiers »)
d’Éric Laurent, Éditions Plon, 280 pages, 21 €
Éric Laurent est un journaliste d’investigation célèbre, dont on a d’ailleurs entendu parler au moment de l’affaire Clearstream. Voulant comprendre comment est arrivée la crise financière de 2008, la plus grave depuis le krach de 1929, il a mené une enquête fouillée dans les milieux financiers, en particulier américains. À la lecture du livre, on est effaré de voir à quelle échelle les financiers ont falsifié les comptes, comment ils ont détourné les lois, avec quel cynisme ils ont manœuvré dans le but unique de s’enrichir. Grâce à ce livre, on comprend pourquoi les banques sont les seules bénéficiaires de la crise qu’elles ont provoquée.
On est inquiété de voir à quel point les financiers américains et les hommes politiques américains, Barak Obama en premier, sont liés, passant de dirigeant de banque à ministre de l’économie ou le contraire. Cela facilite les « plans de sauvetage » des banques qui font payer aux contribuables leurs pertes, mais aussi leurs bonus faramineux.
On est indigné de voir à quel point ces grands financiers, qui n’ont pas vu venir cette crise, se fichent complètement des conséquences de leurs actes sur l’économie réelle, c’est-à-dire les entreprises et leurs travailleurs.
Et ça va continuer !
Trois renseignements que je retire du livre, parmi des dizaines :
- - Un vice-président d’une grande banque d’investissement déclare : « Vous voulez que je vous le dise explicitement, eh bien oui, comme tous ceux qui travaillent ici (à Wall Street), je suis profondément indifférent aux réalités que vous évoquez (l’économie, l’emploi,…). C’est le problème des politiques. Je vais vous révéler quelque chose : ici nous sommes toujours gagnants parce que Wall Street méprise et ignore toutes les règles de la démocratie. »
- - La BRI (Banque des règlements internationaux, située à Bâle, en Suisse) révélait qu’en 2007, toutes les catégories de « produits dérivés », causes de la crise financière, émis à travers le monde atteignaient le montant délirant de 596 000 milliards de dollars, soit 10 fois le PIB (produit intérieur brut) cumulé de tous les pays de la planète !!
- - Spéculation : en 2008, un baril de pétrole est négocié 27 fois en moyenne avant d’être livré et consommé !