à Carvin, les employés de la mairie souffrent...
La commune est le premier employeur de la ville avec plus de 300 salariés. Mais il y a comme un malaise...
En effet, à la demande du maire, on leur demande deux choses : la flexibilité et la polyvalence. La polyvalence, cela veut dire qu’on leur fait accomplir des tâches qui ne correspondent pas à leur formation, à leur métier, à leurs compétences. Ainsi, on a vu des agents de surveillance de la voie publique (ASVP) surveiller des cantines. Ces employés communaux se sentent ainsi dévalorisés.
La flexibilité, cela veut dire être disponible à tout moment pour le service. Ce sont donc des périodes de travail très inégales, en des lieux divers et souvent éloignés, ce sont des périodes de surmenage et c’est la vie de famille qui est perturbée.
Le maire ne veut pas payer d’heures supplémentaires : le nombre d’heures à effectuer est annualisé. Ainsi, dans les derniers mois de l’année, le nombre d’heures de travail annuel étant fait, il y a beaucoup d’absences dans les services, ce qui entraîne des surcharges de travail pour ceux qui restent.
À tout cela s’ajoute le manque de concertation, d’écoute de la part du maire. Les demandes des salariés sont constamment remises à plus tard, leurs droits sont bafoués. Un exemple : leur demande de tableaux syndicaux, depuis plusieurs années, qui ne sont pas suivies d’effet, alors que la loi l’exige. Nous retrouvons là une méthode identique à celle concernant les panneaux d’affichage public que nous réclamons au maire depuis plusieurs années : pas de refus direct, mais « c’est à l’étude, on y réfléchit,… » et ça ne vient toujours pas. Le maire est en contradiction avec la loi, mais, apparemment, cela ne le dérange pas!
Quant au fonctionnement du Comité Technique Paritaire (CTP), réunissant les autorités de la ville et les représentants syndicaux des employés communaux, là aussi il y a beaucoup à dire : le syndicat des communaux a dû écrire au préfet pour « entraves répétées à l’exercice des droits syndicaux » !
On comprend mieux pourquoi les syndicats des communaux ont manifesté leur mécontentement par rapport au manque de dialogue social en boycottant la traditionnelle remise des cahiers de revendications syndicales le 1er mai dernier.
Autre fait : Le futur centre multi accueil Petite Enfance qui doit voir le jour sera confié à une entreprise par délégation de service public, c'est à dire ni plus ni moins une privatisation. Au delà du fait contestable que le maire considère à présent les enfants en bas âge comme de la marchandise qui servira à créer des profits pour l'entreprise en question, il est aussi à noter que le personnel de l'actuel garderie a de quoi être inquiet de ses futures conditions de travail. En effet, selon nos sources, il leur a été proposé deux alternatives : conserver leur statut de fonctionnaire et être détachés par la ville ou quitter leur poste dans la fonction publique pour intégrer directement l'équipe de l'entreprise privée.
Dernière en date, le maire semble s'être aperçu de la faiblesse de sa politique en matière de jeunesse. Souvenons-nous qu'avant son accession à la mairie, il y avait de nombreuses activités pour les jeunes proposées dans le cadre de la MJC Nelson Mandela, des projets citoyens, des foyers où les jeunes se retrouvaient, des sorties à vocation culturelle... Tout a été arrêté et les animateurs de la ville ont été rattachés à d'autres services municipaux qui souvent n'avaient strictement rien à voir avec l'animation. Rétropédalage aujourd'hui puisque l'équipe de M. Kemel reconnait que c'était une erreur et remet en place des foyers pour les jeunes. Du coup, les agents d'animation se retrouvent du jour au lendemain à encadrer à nouveau des jeunes sans tenir compte de leurs aspirations professionnelles et personnelles. L'encadrement de jeunes est une tâche difficile qui nécessite du personnel régulièrement formé pour répondre aux évolutions du public, ce qui est loin d'être le cas ici. Cherche-t-on à mettre ces agents en échec? On est en droit de se poser la question.
On le voit, manque d’écoute, autoritarisme, surcharge de travail, le maire mène la vie dure aux employés municipaux de Carvin. Le maire a une vision comptable du service public. Pour lui, les employés municipaux ne sont qu’une masse salariale qu’il faut comprimer. Beaucoup de ces employés sont mécontents et démoralisés.
Alors qu’en respectant leurs compétences, en leur faisant confiance, en les rémunérant quand ils font des heures supplémentaires, en les respectant, en les écoutant, ils iraient accomplir leur travail de service public avec enthousiasme. Ce serait beaucoup plus efficace.